Le 19 novembre 2008, au Centre Culturel Latino-Américain « Terra Incognita », la Ligue Suisse des Droits Humains section de Genève a organisé une conférence donnée par M.Bernard Riguet en sa qualité de membre de la Commission Civile Internationale d’Observation des Droits Humains (au Mexique)
Le conférencier a d’abord tenu a rappelé que la CCIODH comprend les Droits Humains au sens le plus large tant individuels que collectifs
Avec les principales étapes historiques du Mexique des grandes civilisations précolombiennes à la conquête espagnole du XVIe siècle et à l’indépendance acquise en 1821, la première partie a mis en évidence la résistance ancienne des peuples indigènes et leur attachement à la terre.
Malgré une réforme agraire , une relance de la distribution de terres, la nationalisation du pétrole par le président Lázaro Cárdenas aucun des 20 présidents successifs depuis la fin de la révolution n’a mis en œuvre une politique réellement démocratique ni doté le pays des moyens d’une véritable indépendance économique, industrielle, minière ni même agricole.
Malgré l’apparition d’une forte société civile et l’émergence à partir des années 1980 d’une multitude d’organisations populaires,les ajustements juridiques et structurels destinés à faciliter l’entrée du Mexique dans le l’ALENA, le 1 janvier 1994, a entraîné des divisions au sein des communautés, une paupérisation et un plus grand déséquilibre économique avec une désertification progressive des campagnes.
Mention a été faite de la situation du Chiapas, l’un des états du pays les plus riches en ressources naturelles et dont la population est l’une des plus pauvres. L’apparition de l’EZLN le 1 janvier 1994 a permis au monde de connaître la situation réelle des populations indigènes et a soulevé un grand espoir dans l’ensemble du Mexique. Depuis cette date, cette armée pacifique s’est consacrée au développement autonome et démocratique des communautés créant notamment des écoles, des dispensaires et des hôpitaux
La CCIODH totalement indépendante de toute appartenance s’est organisée en 1998 à la suite d’un massacre de population par des paramilitaires. Cinq autres missions ont eu lieu notamment dans l’état d’Oaxaca et de Mexico à Atenco théâtre d’une répression policière sauvage. Ses rapports ont été présentés à la Commission des Droits Humains de l’Onu à Genève, au Parlement Européen et à différents Parlements nationaux ainsi qu’aux autorités politiques mexicaines et à la société civile.
La CCIODH a constaté que le gouvernement mexicain répond aux revendications par une militarisation accrue et une répression féroce des mouvements sociaux. Les communautés indigènes quant à elles s’organisent à un niveau que leur résistance n’a peut-être jamais atteint auparavant, parce que l’unification des revendications est en train de se construire et que se créent des convergences autour de la revendication des mêmes droits, individuels et collectifs, qui concernent l’ensemble d’une population touchée par les conséquences de la politique économique et sociale des dirigeants et des entreprises multinationales.
Voir le texte complet de la conférence ci-dessous:




